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Ebony Bones est l’enfant illégitime d’une tribu bigarée et improbable parmi laquelle on peut compter Fela, Nina Hagen, the Clash, Grace Jones, George Clinton, Fisbone et Beyoncé….
Telle une météorite atterissant sur la planète pop, la chanteuse a savamment orchestré le buzz médiatique qui la précède. Tant est si bien qu’avant même d’avoir sorti le moindre album, la donzelle disposait déjà d’une aura exceptionnelle dans la presse britannique… Tenues aux milles couleurs totalement extravagantes, live généreux et incadescents et surtout une musique unique et novatrice là où l’époque nous a habitué aux recyclages opportunistes. Pioché sans complexe dans l’électro, le funk, le punk et la pop, le son d’Ebony Bones met en musique un tribalisme chic, indocile et contestataire en prise direct avec le XXIe siècle.
Parcours atypique s’il en est pour la jeune britannique d’origine caribéene…
Maman travaille dans la mode, ce qui explique peut-être le goût extravagant d’Ebony pour la sape et la mise en scène permanente de sa propre image.
Papa quant à lui, tient une boutique de disques dans ce quartier de Brixton qui verra éclater en 81 et 85 les pires émeutes raciales du Royaume Uni. C’est donc bercée toute à la fois par les éructations proto-Punk du MC5 et des New York Dolls mélées à la langueur du Reggae d’U-Roy et de Lee Scratch Perry qu’elle se construit un culture musicale à la croisée du bruit blanc et des mélopées noires…
Pourtant avant de brûler les scènes électriques du Rock’n'Roll Circus, c’est au Soap Opera qu’Ebony prêta son physique avantageux et son goût de la comédie. De 1998 à 2005 elle sera l’une des principales actrices de la sitcom britannique “Family Affairs”… Un peu à l’étroit dans le rôle que lui concoctent les scénaristes, elle commence à écrire quelques chansons… Le reste ressemble à ces histoires destinées à créer le mythe. On dit donc qu’au détour d’un pub, la belle rencontre un musicien qui se présente comme l’ancien batteur d’un fameux groupe punk. Le musicien n’est autre que Rat Scabies des Damned. Bonne pioche !
C’est avec lui qu’Ebony enregistre les premiers morceaux qui la feront remarquer des Basement Jaxx qui l’invitent alors sur leurs premières parties…
Il ne reste plus à Ebony qu’à se constituer un groupe aussi haut en couleurs que ses robes arc en ciels et ses talons aiguilles sans fin. Et puis ensuite, bien sûr, l’album…
Afro-punk, Pop futuriste, Electro soul, Funk industriel, “Bones of my bones” est tout cela en même temps. Il y a quelque chose dans la démarche qui évoque Fisbone de “The Reality of my Surroundings” ou le Clash de “Sandinista”; cette capacité à prendre le meilleur des deux hémisphères de la musique pop : embrasser et embraser simulténament la face noire et la face blanche…
Ebony Bones – Bone Of My Bones – Sunday Best Recordings (2009)
Ebony Bones – The Muzik – extrait de l’album “Bones of my Bones”
Ebony Bones – Don’t Fart On My Heart – extrait de l’album “Bones of my Bones”
Ebony Bones – Bone of my bones – live
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Isaac le Pirate (c) ch. blain
Depuis quelques années déjà, Christophe Blain revisite le récit d’aventure avec ironie et même avec une certaine nonchalance. En effet, la grande aventure, les grands espaces et les épopées n’existent chez lui qu’à hauteur d’homme, avec tout ce que cela peut comporter de dérision et de tendresse.
Qu’ils soient cow-boys, pirates ou héros de la mythologie grecque, les personnages de ses histoires souvent en quête d’aventures sentimentales ou simplement érotiques, négligent le mythe pour s’attarder sur leurs petites contradictions intérieures.
Aussi éloignée que leurs existences soient de celles des lecteurs, c’est cette humanité qui les en rend si proches, presque intimes…
Servis par un dessin sobre et efficace, ou l’extraordinaire sens du mouvement le dispute à une expressivité remarquable, les héros de Christophe Blain semblent filmés plus que dessinés….

Gus (c) ch. blain
Neuf questions à cet auteur proche de Joann Sfar, Davib B., Lewis Trondheim ….
~ Vous avez dit un jour avoir une “fascination puérile assez ridicule” pour le western. Vous parvenez toutefois à pousser ce genre (parfois donné pour mort) dans des retranchements assez inattendus. Qu’est-ce qui vous insprire et vous motive dans cette forme de récit ?
Le western m’inspire parce qu’il me fascine. Lorsque je regarde un western, ( pas n’importe quoi non plus, je m’ennuie devant une série Z. Je suis sélectif ) je me sens apaisé et énergique. Je suis renvoyé à une sensation enfantine, probablement de refuge, extrêmement agréable. Lorsque je me sens apaisé, calme, j’ai naturellement envie d’écrire des histoires. Les thèmes, l’excitation de la narration, le plaisir de faire vivre des personnages me viennent spontanément. Je n’ai plus d’âge et il n’y a plus de temps. Le western, c’est chez moi. je m’y sens bien. je ne suis pas américain, donc, je ne peux pas écrire vraiment des histoires de western ( Il faut être américain. Les thèmes qui servent de bases au western sont éventuellement exotiques ou fascinant mais ils restent, pour nous européen, parfaitement mystérieux et difficilement maîtrisables ). Par contre, j’ai envie d’écrire des histoires sentimentales. Alors, je mets l’un dans l’autre et ça donne ce que ça donne.
~ Les femmes occupent un place particulière dans vos histoires. Elles sont souvent belles et possèdent de riches personnalités. Pourtant vos héros restent des hommes. Pourquoi ?
Je suis un sentimental hétéro, donc, il faut bien que je mette des femmes dans mes histoires si je veux écrire des histoires sentimentales. j’avoue que j’aimerais bien faire vivre des personnages féminins au-delà du regard des hommes, mais j’ai encore un peu de mal. Ca me viendra peut-être.
~ On perçoit dans votre oeuvre un goût certain pour les grands récits d’aventure que vous aimez à relire avec une solide ironie mais avec tendresse aussi. Quel rapport entretenez vous avec les auteurs tels que Fenimore Cooper, Alexandre Dumas, Walter Scott, R. Louis Stevenson (…) ?
Aucun. je n’ai pas de goût pour les romans d’aventures. Peut-être quand j’étais plus petit. J’avoue qu’à présent ces auteurs (des génies) me laissent de marbre. L’aventure, c’est au cinéma, pour moi. Pas dans les livres.
Je veux des histoires sentimentales dans les romans. Au cinéma aussi d’ailleurs.

Socrate le demi chien (c) ch. blain
~ Qu’est-ce qui vous motive à alterner le fait d’être scenariste et dessinateur de certaines séries et uniquement dessinateur sur d’autres ? Dans le second cas comment choisissez vous les collaborations et jusqu’à quel point intervenez vous dans le scénario ?
Je ne veux faire des livres que tout seul. Ca ne m’intéresse plus de me contenter de dessiner. J’ai travaillé avec des copains proches (condition sine qua non), c’était très bien. Même si leurs histoires sont meilleures que les miennes, je considère cette période comme une période de chauffe. Maintenant, je vole en solo. Exception pour Joann Sfar et “Socrate le demi-chien”. Parce que c’est Joann et parce qu’on le fait comme on le fait, c’est-à-dire de la façon la plus décontractée du monde. Autre exception pour la co-écriture d’un scénario avec un autre copain. Le résultat paraîtra en octobre 2009 ou janvier 2010.
~ Voyez vous une différence de méthode et de motivation dans votre travail d’illustration (jeunesse notamment) et celui d’auteur de bandes-dessinées ? Quels sont les apports de l’un à l’autre ?
Le travail d’illustration , c’est éventuellement joli mais ce n’est pas un travail d’auteur. Ca ne m’amuse plus beaucoup, à de rares exceptions.
~ Pourquoi le style graphique que vous avez développé pour le premier tome des aventures de Hiram Lowatt & Placido se retrouve-t-il peu dans vos autres albums ?
Je ne voulais pas le faire comme ça. Je ne voulais pas faire quelque chose de pictural mais un truc qui aurait ressemblé à ce que j’ai fait après. Lewis Trondheim m’a dit en substance que c’était mon 1er album et qu’il ne fallait pas que je cumule la difficulté. A savoir la découverte de ce qu’est la bande dessinée et expérimenter un style, une matière que je n’avais jamais pratiqué. Il a eu raison. J’ai commencé par faire quelque chose qui ressemblait à ce que je faisais en illustration. Après, je me sentais plus chaud pour me lancer autrement.

Hiram Lowatt& Placido (c) ch. blain
~ Votre dessin allie un naturel presque désinvolte à un sens aigu du mouvement tout en captant habilement les nuances des émotions humaines. On est tenté d’y voir de grandes influences cinématographiques. Qu’en pensez-vous ?
Oui. J’en ai plein. Truffaut, Woody Allen, Howard hawks, Ernst Lubitsch, Arthur Penn, Max Pécas ….
~ La bande dessinée sert régulièrement de grenier à idées pour le cinéma et le jeu vidéo. Etes vous, en tant qu’auteur, tenté par ces formes de narrations ?
Par le jeu vidéo, non.
Vous avez récemment réalisé une illustration pour un concert de Barbara Carlotti. Pouvez nous parler de cette rencontre ? Travaillez vous en musique ? La musique est-elle une source d’inspiration ? Avez vous une play list favorite en ce moment ?
J’écoute beaucoup Barbara Carlotti et je ne parviens toujours pas à m’en lasser. Ca fait 5 mois que je l’ai découverte, elle n’a fait que deux albums et je les écoute toujours au moins 3 fois par semaine et encore parce que je me retiens. Pour le reste, c’est trop divers. Je ne saurais pas par quoi commencer. Si, je peux dire que j’adore Georges Brassens, vraiment, depuis que j’ai 18 ans. Je réalise que je ne l’ai pas écouté depuis longtemps…

affiche Barbara Carlotti - (c) ch. blain - conception graphique c. robet
Un grand merci à Claudie Robet, sans qui cet article n’aurait pas été possible.
Bibliographie sélective
Le Réducteur de vitesse
scénario et dessin – Christophe Blain
ed. Dupuis, coll. “Aire Libre”
Hiram Lowatt & Placido
scénario David B.
ed. Dargaud
La Révolte d’Hop-Frog
Les Ogres
Donjon Potron-Minet
scenario Joann Sfar & Lewis Trondheim
ed. Delcourt
La Chemise de la nuit
Un justicier dans l’ennui
Une jeunesse qui s’enfuit
Après la pluie
Isaac le pirate
ed. Dargaud
scénario et dessin – Christophe Blain
Les Amériques
Les Glaces
Olga
La Capitale
Jacques
Socrate, le demi chien
scenario Joann Sfar
ed. Dargaud
Héraclès
Ulysse
Gus
ed. Dargaud
scénario et dessin – Christophe Blain
Nathalie
Beau bandit
Ernest
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